La conception de Titine laisse rêveur...
A cause du passage de roue avant gauche, il faut la piloter avec les pieds décalés.
Oui, les pédales ne sont pas dans l'axe du confortable fauteuil du chauffeur, mais décalées vers le milieu de la voiture.
Sur les petites distances cela reste un détail mineur, mais pour la Grèce...je me demandais si en descendant mes pieds allaient rester dans l'axe de mon tronc (superbe et généreux)!
Autre particularité, le clignotant est à gauche du volant. Ce qui fait que quand on change de voiture avec l'habitude qui s'installe en conduisant Titine, on met les essuis glaces à chaque fois que l'on veut changer de direction. Il faut un moment pour reprendre les automatismes des véhicules modernes.
Les magnifiques sièges noirs de Titine en "skaï sauvage" sont en ressorts mous véritables ce qui lui donne le luxe d'un confort pullman. Par contre sur les chemins à ornières il faut bien tenir le volant , la douceur des ressorts donnant un mouvement de haut en bas à l'ensemble du corps ce qui laissent rêveurs les couples d'amoureux qui s'ébattent dans ces mêmes chemins.
Le tableau de bord de Titine "façon bois précieux des îles" donne un coté chic et raffiné et souligne la rondeur de ses compteurs. L'autoradio d'époque ne comporte que les Grandes ondes et les petites ondes....adieu la bande FM. De toute façon il ne sert a rien tant la musique du moteur reste présente à nos oreilles.
2 minuscules essuis glace sensés chasser la pluie brouttent sur le pare brise au rythme lent d'une valse de Chostakovitch dirigée par un chef d'orchestre sous tranxene 500.
La commande de chauffage possède le charme de la rusticité et de la simplicité. On ne dicute pas c'est chaud ou froid et la vitesse est ON ou OFF.
Bref beaucoup de charme et de douceur de vivre dans cet habitacle soixante huitard !
Avec cette voiture, piloter est un art et rester sur la route un tour de force. On a vraiment l'impression de conduire, une notion que l'on perd avec la modernité. Chaque virage demande de la concentration et de l'attention. On reste aux aguets de chaque vibration, de chaque bruit ou réaction de la mécanique. Bref ! cette voiture vit, on sent qu'elle est contente de rouler et cela se transmet à son conducteur par osmose. L'homme et la machine deviennent complice. Chacun ressentant le plaisir de l'autre.
J'espère que cela vous donnera envie de rouler en ancienne.